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Glossaire : des mots pour changer la vie

  • Advocacy 
  • Autogestion 
  • Citoyenneté
  • Empowerment
  • Entraide mutuelle (selfhelp) 
  • Inclusion 
  • Non discrimination 
  • Pairémulation
  • Santé 
  • Santé Mentale
  • Situation de Handicap
  • Stigmatisation 
  • L’usager de la santé mentale 

Advocacy 

L’Advocacy est, dans le champ de la santé mentale, un concept et des pratiques, de soutien de la parole, d’aide à l’expression - des besoins, du point de vue – pour parler plus fort, se faire entendre - par l’introduction d’un tiers, advocate, des personnes stigmatisées du fait de leur appartenance à une catégorie discréditée et stigmatisée (d’usagers, de patients et/ou d’handicapés) dans le champ social, médical ou médico-social.
Soutenir le point de vue de la personne en difficulté psycho-sociale dont la parole est disqualifiée.
On trouve au niveau international cette définition :
(défense des droits). L’advocacy est un système d’actions visant un changement d’attitude, de politique, de position, de pratique ou de programme dans la société. Le terme d’advocacy se rapporte à toute activité essayant principalement de modifier une politique gouvernementale, mais aussi aux attitudes et perceptions au sein de la société.

Autogestion 

c’est ce vers quoi nous devons tendre dans nos ECC. C’est la participation inclusive où chacun assume des responsabilité avec et dans un collectif. Les règles du jeu sont décidées par le groupe qui est en charge de les faire vivre et respecter. Les personnes sont auteurs et acteurs des projets à toutes les phases de réalisation (initiatives, réalisation, évaluation). Il s’agit d’une démocratie participative ( pas seulement d’une démocratie représentationnelle de type CA ).

Citoyenneté

C'est prendre conscience que l'on est partie prenante d'institutions, d'une ville, d'un pays. C'est prendre conscience de ses droits et de ses devoirs dans une collectivité. C'est se sentir en responsabilité dans ces entités et ces lieux de pouvoir en inter-relations et inter-dépendance avec ses contemporains.

Empowerment

Ce concept est inscrit dans la culture anglaise face à des situations d'oppressions ou de dominations. "En italien, empowerment se traduit en employant un pluriel, comme une augmentation des pouvoirs en terme de "capacité à" (skill en anglais), de pouvoir, comme "droit de" et en troisième lieu de "se sentir en pouvoir de". (extrait de M. DUTOIT SOLA et C. DEUTSCH, Les usagers de la psychiatrie : de la disqualification à la dignité. L'Advocacy pour soutenir leur parole, Érès, 2001).

Entraide mutuelle (selfhelp) 

L’entraide mutuelle est une relation égalitaire où chacun peut tour à tour être aidé et aidant. A la différence de la relation d’aide mise en œuvre par les professionnels ou bénévoles dans le cadre d’un service et qui est dissymétrique.

Inclusion 

Nous entendons par "inclusion" la définition "Extrait du document COM (96) 406 final de la Commission européenne" in HELLIOS II, Guide européen des bonnes pratiques, annexe B, p. 117 : "Inclusion (mainstreaming) : priorité doit être donnée à la fourniture de services et de prestations d'assistance dans le cadre de structures ordinaires. Il faut faire en sorte que les personnes [quelles que soient leurs difficultés] soient en mesure de vivre en société et de mener une vie normale avec le niveau d'assistance nécessaire qui doit être efficace et efficient."
L’inclusion est une manière de penser et de vivre qui réclame la participation active de tous les citoyens, ce qui suppose l’égalité des chances, la justice sociale. Mais l’inclusion va au delà pour aboutir à celui de respect des droits humains sous tous les aspects et dans tous les secteurs. Non plus seulement une législation (discrimination positive) qui protège une population vulnérable, une protection des plus faibles, mais une société construite de manière telle que chacun est appelé à participer activement en donnant sa contribution à la construction d’un monde meilleur. L’inclusion met en discussion le concept même de normalité transformant la différence en « différence normale ». Elle réclame la participation active de toutes les personnes dans les lieux et les milieux où sont prises les décisions qui les concernent. Ainsi donc elle souligne l’importance de la participation des personnes handicapées dans les phases décisionnelles, selon le principe de ‘Rien nous concernant, sans nous’.
Cette définition de l’inclusion est tirée de Simona D’Alessio, communication au colloque Pour une nouvelle expertise de l’insertion sociale et professionnelle des personnes en situation de handicap, (Projet EQUAL 2002-2005, Une nouvelle dynamique : le processus d’inclusion) Reims, le 18 novembre 2005

Non discrimination 

Le principe de non-discrimination est introduit par le Traité d’Amsterdam (art.6A) qui interdit toute discrimination et, se traduit en France, par la loi n°90-602 du 12 juillet 1990 relative à la protection des personnes contre la discrimination en raison de leur état de santé ou de leur situation de handicap ou de mœurs, en matière d’accès à l’emploi, au logement, aux activités de consommation et de loisirs.
Une Haute Autorité, contre les discriminations et l'égalité, créée en 2005 , est chargé de veiller à prévenir ou sanctionner tous actes racistes ou discriminants.
En France, notamment le principe de la discrimination positive est encore largement à l’œuvre et les dispositifs de droit commun trop peu préparés à accueillir les personnes handicapées pour garantir une réelle égalité des chances, aux risques d’un consumérisme libéral générant de nouvelles inégalités.

Pairémulation

Le pairémulateur a une compétence de situation :
Son handicap n’est pas une galère qui l’oblige à vivre au jour le jour, sans avenir. C’est « simplement » une différence, qui, comme toutes les différences, module ses potentialités et contribue à les forger. Son expérience vécue, c’est tout un capital d’habiletés spécifiques (gestes quotidiens, tour de « main », intelligence de situations) expérimentées au fil des jours et travaillées par son désir d’autonomie. Ce capital, il veut le rendre disponible, le transmettre à ses pairs qui en ont besoin. Il sait, d’expérience, qu’il ne s’agit pas d’une simple transmission de techniques, mais, que, dans la relation de pair, se joue, pour l’autre, le désir de faire, la possibilité de sortir du rêve pour affronter la difficulté et dépasser ses propres limites. (extrait de la charte du pairémulateur du Groupement Français des personnes handicapées GFPH )

Santé 

La santé est définie par la Constitution de l’OMS (déclaration d’Ottawa) :
comme un état de bien-être physique, mental et social complet, et pas seulement comme l’absence de maladie ou d’infirmité. La santé est une ressource pour la vie de tous les jours et non l’objet de la vie. Il s’agit d’un concept positif mettant l’accent sur les ressources sociales et personnelles ainsi que sur les aptitudes physiques.

Santé Mentale

OMS :
«La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de mala­die ou d’infirmité.» Parmi les concepts de la santé mentale figurent le bien-être subjectif, l’autoperception de l’efficacité personnelle, l’autonomie, la compétence, la dépendance entre générations et la reconnaissance de sa capacité d’autoac­tualisation de son potentiel intellectuel et affectif. La santé mentale a également été définie comme un état de bien-être par lequel l’individu reconnaît ses capacités, est capable de faire face au stress normal de la vie, travaille de manière productive et fructueuse et apporte une contribution à sa communauté. La santé mentale signifie la possibilité pour les individus et les grou­pes humains de développer leurs compé­tences et d’atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés. Nous devrons tous nous sentir concernés par la santé mentale et ne pas uniquement nous préoccuper de malades souffrant de troubles mentaux.
Les problèmes de santé mentale affectent la société tout entière et ne se restreignent pas à une petite portion isolée de celle-ci. Ils constituent donc un obstacle majeur au développement mondial. Aucun groupe humain n’est épargné par les troubles mentaux, mais le risque est plus élevé chez les personnes démunies, les sans-abri, les chômeurs, les personnes ayant un bas niveau d’instruction, les victimes de violence, les immigrants et les réfugiés, les populations indigènes, les enfants et les adolescents, les femmes maltraitées et les personnes âgées délaissées.
Pour tous les individus, la santé mentale, physique et sociale sont des aspects fon­damentaux de la vie, intimement liés et étroitement interdépendants. Lorsque l’on a pris conscience de cette corrélation, il devient évident que la santé mentale est d’une importance vitale pour le bien-être général des individus, des sociétés et des pays. Malheureusement, dans la plupart des régions du monde, la santé mentale et les troubles mentaux n’ont pas la même importance que la santé physique, tant s’en faut. En fait, les problèmes mentaux ont été en grande partie négligés et ont suscité très peu d’intérêt.

La santé mentale fait partie intégrante de la santé de tout individu :
la question de la santé mentale qui ouvre pour nous sur les questions de prévention, de droits et d’accès à la citoyenneté bien au delà du champ médical. La santé mentale, vain mot tant elle se confond encore avec la psychiatrie, demande d’autres pratiques
L’usager de la santé mentale est un militant dans un collectif ayant pour objectif la prise en compte de son expérience pour faire évoluer les politiques et les pratiques de santé mentale.
Le passage de la logique de la maladie (statut de patient) à celle de la santé (statut d’usager et de citoyen) ouvre des possibles, dont le droit de faire des projets d’avenir. Les personnes stigmatisées ont besoin d’apparaître sur la place publique, de participer aux services dont ils ont besoin, de débattre avec d’autres, d’empreinter les chemins de tout un chacun.
La visibilité améliore visiblement (Colloque de Santé Mentale Europe) et cela d’une manière plus intéressante qu’en faisant la une de la page des faits divers.

Situation de Handicap

Handicap : interaction entre une personne atteinte de déficience ou d’une pathologie et les barrières négatives de son environnement (attitudes, préjugés, etc.) Déficience: caractéristique et pathologie du corps ou de l’esprit qui, sans soutien, a diminué, diminue ou diminuera le fonctionnement personnel ou social de l’individu qui en est atteint, contrairement à un individu qui ne possède pas cette caractéristique ou condition. Le terme de "déficience" s’applique à une pathologie physique, intellectuelle, mentale ou sensorielle ; il s’agit principalement d’un problème personnel. Le terme de "handicap", quant à lui, s’applique aux façons dont les personnes déficientes sont exclues ou discriminées ; il s’agit donc là d’un problème social et de développement important.

Stigmatisation 

La stigmatisation est une attitude qui aboutit à compromettre gravement le statut social d’une personne, une marque de honte ou de discrédit.

L’usager de la santé mentale 

C’est seulement dans une dynamique d’engagement que les personnes revendiquent une identité collective d’usagers : l’usager de la santé mentale est un militant dans un collectif ayant pour objectif la prise en compte de son expérience pour faire évoluer les politiques et les pratiques de santé mentale, dans la société toute entière, donc y compris dans les services de soin, mais aussi dans la cité. Cela inclut la prévention, l’accès au droit commun, l’ensemble des politiques et dispositifs sociaux. C’est pourquoi l’usager de la santé mentale se reconnaît d’abord comme citoyen, puisqu’il s’engage dans les débats de société.